Le peintre belge Jules Atarax dans son atelier
Basée en Belgique, notre galerie d'Art vous propose une immersion dans l'expressionnisme contemporain.
Ici, nous documentons ce qui précède le tableau. Les doutes, la recherche de la lumière dans l'obscurité, et le dialogue silencieux avec la matière. Une fenêtre ouverte sur les nuits de création.
Les œuvres que nous sélectionnons sont à la fois rares et mystérieuses. Elles font entièrement notre fierté. Exclusives, colorées, parfois sombres et surtout psychologiques, nous dédions en grande partie cette première année au peintre Jules Atarax.
Nous vous ferons aussi découvrir de nouveaux talents belges. Une exposition collective est prévue dans un lieu encore secret que nous vous dévoilerons sous peu…
Première période du peintre belge Jules Atarax, toile Ecce Homo.
Ce qu'un expert pense de l'obscurité : Retour critique de la BAM Gallery
On crée souvent dans le silence de l'atelier, sans savoir si l'écho traversera les murs. Récemment, Jules Atarax a soumis une sélection de six œuvres — dont Relax, The Avatar I et La Madone — au regard aiguisé d'Arnaud Molieres, directeur de la BAM Gallery.
L'exercice est périlleux, mais nécessaire. Voici ce qu'il en ressort.
1. La matière et la couleur
L'expressionnisme que je défends est une lutte. L'expert a souligné que la force du portfolio résidait dans "le traitement de la matière adjointe à des couleurs bien choisies". C'est une validation précieuse de ma recherche technique : utiliser la couleur pour donner "soit de la douceur, soit de la force".
2. La filiation artistique
Il est toujours fascinant de voir où les autres situent votre travail. Arnaud Molieres évoque une connexion claire avec les maîtres de la Figuration Libre. C'est une filiation que j'accepte volontiers : une peinture libérée, directe, parfois brute.
3. Le coup de cœur : "La Madone"
Dans cette série, c'est le tableau La Madone qui a particulièrement retenu l'attention pour son "traitement intéressant avec des détails pouvant laisser place à l'imaginaire, notamment dans le traitement du blanc". Savoir qu'une œuvre a "touché" un professionnel est peut-être la plus belle des récompenses.
Madone I, Jules Atarax, huile sur toile, 50x70 cm, 2024
Le Verdict
Au-delà de l'esthétique, la question qui intéresse les collectionneurs est celle de la pérennité. Le verdict est tombé le 3 juillet dernier : "L'Artiste a sa place dans le marché de l'art.".
L'invitation est lancée : continuer à développer cette voie artistique et multiplier les supports. C'est exactement ce que nous faisons ici, ensemble, via la Galerie Dantesque.
L'obscurité a de l'avenir.
Genèse
La Galerie Dantesque est née d’un refus.
Le refus de réduire l’art à une image.
Le refus de confondre production et création.
Le refus d’oublier que toute œuvre est, avant tout, une présence humaine déposée dans la matière.
Nous croyons qu’une œuvre existe lorsqu’un être humain traverse la matière avec son corps, son temps, ses doutes, ses fatigues, ses élans, ses silences.
La Galerie Dantesque n’est pas un lieu de consommation visuelle.
Elle est un lieu de présence.
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La Galerie Dantesque est une galerie de recherche, de sélection et de transmission.
Elle n’est pas :
– un flux
– un catalogue
– une accumulation
– une vitrine
Elle est :
– un filtre
– une ligne
– une respiration
– un lieu de résistance
Elle ne cherche pas à suivre le monde.
Elle cherche à tenir face à lui.
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Principe d’incarnation :
Toute œuvre présentée ici doit être incarnée.
Cela signifie :
– qu’elle porte des traces humaines
– qu’elle implique un risque
– qu’elle résulte d’un engagement réel
– qu’elle ne pourrait pas exister sans un corps, un temps, une fatigue
Nous refusons les œuvres sans chair.
Nous refusons les œuvres sans vécu.
Nous refusons les formes sans présence.
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Principe de rareté :
Nous croyons que trop montrer détruit le regard.
La Galerie Dantesque pratique la rareté.
Non comme stratégie commerciale,
mais comme forme de respect.
Chaque œuvre doit être nécessaire.
Chaque apparition doit compter.
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Principe de lenteur :
Nous croyons à la lenteur.
Nous croyons que ce qui compte ne se produit pas vite.
La Galerie Dantesque n’obéit pas à la cadence des plateformes,
mais à la cadence du vivant.
Elle laisse le temps :
– aux œuvres de se former
– aux regards de mûrir
– aux relations de naître
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Principe de cohérence :
Toute œuvre présentée ici doit pouvoir répondre à cette question :
Pourquoi est-elle ici, et pas ailleurs ?
La galerie n’est pas un espace neutre.
Elle est une ligne.
Si une œuvre pourrait être n’importe où,
elle n’a rien à faire ici.
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Principe de responsabilité :
Nous ne vendons pas des objets.
Nous transmettons des présences.
À ce titre, nous avons une responsabilité envers :
– l’artiste
– le collectionneur
– l’œuvre
– le temps
Nous ne mentons pas.
Nous ne simulons pas.
Nous ne trichons pas.
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Principe de non simulacre :
Nous refusons le spectaculaire vide.
Nous refusons :
– la posture sans fond
– la nouveauté sans nécessité
– la performance sans présence
Nous privilégions :
– la justesse
– la fragilité
– le tremblement
– l’imparfait habité
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Principe de transmission :
Chaque œuvre présentée ici est pensée comme une trace.
Non pour aujourd’hui seulement,
mais pour demain.
Elle doit pouvoir :
– tenir
– résister
– continuer à parler
– porter du temps
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Politique de sélection :
La Galerie Dantesque ne collecte pas.
Elle sélectionne.
Une œuvre est acceptée uniquement si elle :
– est incarnée
– est risquée
– est nécessaire
– est cohérente avec la ligne
– ne simule rien
– n’imite rien
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Politique de diffusion :
Nous ne forçons pas.
Nous proposons.
Nous n’imposons pas.
Nous croyons que ceux qui doivent voir, verront.
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Politique de valeur :
Nous croyons que le prix est un langage.
Un langage qui reconnaît :
– le temps humain
– le risque
– la singularité
– la matière
– la présence
Nous ne bradons pas.
Nous construisons dans la durée.
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Conclusion
La Galerie Dantesque n’est pas une nostalgie.
Elle est une ligne.
Une ligne entre :
– l’image et l’œuvre
– le calcul et la présence
– le simulé et le vécu
Nous ne faisons pas des images.
Nous faisons exister de l’humain par la matière et la couleur.
L'Explosion furieuse : Regard sur "All Crazy" (Texte invité)
"Parfois, un regard extérieur comprend votre œuvre mieux que vous-même. Voici les mots d'Alice Rose sur ma toile de 2019. Une période révolue et pourtant si tentante."
All Crazy, 115x75cm, Jules Atarax 2019, collection privée
Les yeux, deux hublots dilatés, s’engouffrent dans l’infini. Ils happent la lumière et la recrachent en gerbes électriques, pulsations de néons détraqués, pupilles comme des vortex où l’excès s’engouffre et refuse de s’éteindre.
La tête enfle, globe disproportionné, un ballon d’hélium prêt à éclater sous la pression d’un rire trop grand pour la bouche qui le contient. Le corps, lui, vestige oublié, gribouillage à peine esquissé dans l’explosion furieuse du reste.
C’est l’enfance poussée à bout, un caprice qui s’auto-dévore, une tempête de crayons qui refuse de rester entre les lignes. Une cavalcade de couleurs, trop vives pour être innocentes, trop affamées pour se contenter du cadre. Tout déborde, tout exulte, tout brûle sous l’impulsion maniaque d’un instant qui ne veut jamais finir.
On hésite entre le cri et l’extase. L’image pulse, respire, délire. La folie y danse, les bras ouverts, une couronne d’éclairs vissée sur le crâne. Une icône enfantine fracturée, punk dans son acharnement à refuser la gravité, à cracher sur la symétrie, à éclater de l’intérieur. C’est un rire de carnaval sous substances, un dessin d’enfant sous acide, une hallucination qui ne sait plus si elle doit terrifier ou séduire.
Et au fond, ce regard, ce gouffre. Deux trous noirs en expansion. L’explosion d’un monde qui ne tient qu’à un fil, et ce fil, déjà, commence à se consumer.
— is.alicerose (Via Threads)